A la différence de la COP-22 (Marrakech (2016) et de la COP-23 (Bonn, 2017, mais sous Présidence des Iles Fidji) qui étaient des COP d'étape, la COP-24 est une COP charnière à forts enjeux politiques au même titre que Kyoto (1997), Marrakech (2001), Copenhague (2009) et Paris. 

Les trois principaux enjeux de la COP-24 sont : :
• la finalisation et l'adoption des règles de mise en œuvre (rulebook) de l'Accord de Paris (conformément à la  décision 1/CP.22 qui a fixé l'échéance de la COP-24 pour ce faire),
• l'aboutissement du dialogue de Talanoa avec la participation des Ministres,
• le bilan de l’action et de l’ambition pré-2020 (conformément à la décision 1/CP.23, chapitre III).


Rulebook

L'adoption d'un ensemble de règles robustes et transparentes sur les différents volets de l'Accord (contributions nationales (NDC), transparence, financement, bilan mondial,...) est indispensable pour sa concrétisation et pour le rendre pleinement opérationnel en 2020 car l'Accord de Paris n'est qu'une squelette qui fixe les objectifs de long terme (articles 2 et 4) et les grands principes pour les atteindre. Tous les mécanismes, processus et instances prévus par l’Accord devront être en mesure de fonctionner en 2020 :
• d'une part, pour surveiller, déclarer et vérifier les émissions et les actions climat mises en place, et ainsi évaluer les progrès vers la réalisation des objectifs de l’Accord
• et, d'autre part, pour renforcer la confiance entre les pays.

Le défi pour les négociateurs techniques sera de transformer les notes informelles révisées (307 pages, issues de la dernière session de Bangkok, 4-9 sept. 2018) en projets de textes de négociation, tout en résolvant les divergences d'opinion politique profondes et persistantes entre pays industrialisés et pays en développement, surtout sur les deux sujets de blocage : les NDC et le financement. Il reste aux négociateurs techniques la première semaine de la COP-24 pour produire une base de négociation formelle qui soit consensuelle, claire, concise et cohérente pour examen et adoption par les négociateurs politiques au cours de la 2e semaine. 

Phase politique du dialogue de Talanoa

Après la phase de préparation lancée en janvier 2018, la phase politique réunira les Ministres pour :
• dresser un bilan d'étape des efforts collectifs consentis par les Parties pour atteindre l'objectif de neutralité carbone d'ici 2100 (article 4.1 de l'Accord de Paris),
• éclairer la révision des NDC dont la prochaine série doit être soumise en 2020,
• renforcer le niveau d’ambition des NDC.

Bilan de l'ambition et de l'action pré-2020

Ce bilan est très attendu par les PED qui comptent sur des efforts accrus des pays industrialisés, tant en termes de réductions d'émissions de GES sur la période pré-2020, que sur la concrétisation de leur engagement à leur fournir 100 milliards de $ par an d'ici 2020 pour les aider à mettre en œuvre des actions climat.