Agnès Pannier-Runacher annonce un Roquelaure de la qualité de l’air
Par : Sophie Sanchez

À l’occasion de la séance des questions au gouvernement qui s’est déroulée au Sénat, le mercredi 2 avril 2025, Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, a annoncé l’organisation en avril, – suite à la suppression des zones à faibles émissions (dites officiellement les « ZFE-m ») par les députés de la commission spéciale chargée du projet de loi simplification -, d’un « Roquelaure de la qualité de l’air » (1).
Répondant à une question posée par le sénateur Didier Mandelli (Les Républicains), Agnès Pannier-Runacher a d’abord déploré la suppression des ZFE « contre l’avis du gouvernement » et évoqué le contexte sanitaire : les ZFE visent à « répondre à une problématique de santé publique majeure », la pollution de l’air ayant des « conséquences dramatiques pour certains Français ». La ministre a ainsi rappelé que la pollution de l’air entraîne chaque année en France 48 000 décès précoces et 30 000 cas d’asthme chez les enfants.
Pour « reprendre le dossier », elle souhaite travailler très concrètement et concomitamment sur les deux aspects : améliorer la qualité de l’air tout en accompagnant les citoyens. Nous sommes « prêts collectivement à améliorer ces ZFE » et à « accompagner les habitants » qui sont concernés afin qu’ils « ne soient pas assignés à résidence », a-t-elle précisé.
Elle a souligné que « seules deux agglomérations » font actuellement l’objet de restrictions de circulation, Paris et Lyon, ce qui signifie que seuls 650 000 véhicules sont concernés – et non pas 13 millions comme l’affirment « certains chiffres qui n’ont aucune réalité, aucune vérité », a-t-elle fait valoir.
Le chiffre de 13 millions avait été cité par le sénateur Philippe Tabarot dans son rapport intitulé « Zones à faibles émissions mobilité (ZFE-m) : sortir de l’impasse » qui affirmait que ce dispositif portait « le risque de creusement des inégalités sociales, voire de fractures territoriales » et appelait à « assouplir le calendrier de restrictions de circulation s’appliquant aux ZFE-m obligatoires pour le rendre plus réaliste » (voir ci-dessous).
« Les deux villes [Paris et Lyon] qui mettent en œuvre ces ZFE ne souhaitent pas voir disparaître ce dispositif », a repris Agnès Pannier-Runacher, en rappelant que des aides ont été mises en place pour les personnes concernées.
Ainsi, la métropole du Grand Paris verse jusqu’à 10 000 € pour l’achat d’un véhicule neuf. De même, le Grand Lyon octroie des aides pour l’achat de véhicules à faibles émissions et peut accorder des dérogations (voir ci-dessous dans la rubrique En savoir plus).
« Ce dispositif est à la main des collectivités locales avec des dérogations prises par elles, faisons leur confiance pour mettre en œuvre ces dispositifs de la meilleure manière possible », a conclu Agnès Pannier-Runacher.
(1) du nom de l’hôtel de Roquelaure où se situe son ministère ainsi que les ministères de la Santé et de l’Aménagement du territoire.
[
En savoir plus
- Retrouvez la page du ministère de la Transition écologique sur les Zones à faibles émissions (ZFE) ainsi que l’intervention de la ministre lors de la Séance publique du 2 avril 2025 (après-midi)
- Consultez les aides mises en place pour les particuliers et les professionnels par les agglomérations
-
- et du Grand Lyon – Particulier – ZFE
- Retrouvez le rapport du sénateur Philippe Taborot (LR) publié en 2023: Zones à faibles émissions mobilité (ZFE-m) : sortir de l’impasse – Sénat
- ainsi que l’étude de Santé publique France sur l’impact de l’exposition à la pollution de l’air ambiant : Santé publique France (SPF) évalue l’impact de l’exposition à la pollution de l’air ambiant sur la survenue de maladies chroniques – Citepa