Le coût de l’inaction climatique est chiffré pour l’économie mondiale à 15 points de PIB en 2050 (Dorothée Rouzet, DG Trésor)
Par : Sophie Sanchez
© Pixabay – Pete Linforth
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Le coût de l’inaction climatique est beaucoup plus élevé que le coût de l’action, a rappelé Dorothée Rouzet, cheffe économiste de la direction générale du Trésor, dans une interview à Radio France le 19 mars 2025.
« Ce qu’il faut retenir, c’est que le coût de l’inaction [est beaucoup plus élevé] que le coût de l’action, » a ainsi déclaré Dorothée Rouzet. « Le coût de la transition pour la croissance [est chiffré] entre 0,5 et un point de PIB en 2030 [à l’échelle mondiale]. Mais il reste modéré et transitoire. Une fois qu’on a décarboné, on n’a pas de raison d’avoir moins de croissance », a-t-elle ajouté. En parallèle, « le réseau de banques centrales a chiffré à 15 points de PIB en 2050 le coût de l’inaction. [Autrement dit], si on ne fait rien, un réchauffement de trois degrés […] coûte 15 points de PIB à l’économie mondiale », a-t-elle détaillé, ce qui est « beaucoup plus élevé » que le prix des efforts.
À cet égard, pour ce qui est de la France, elle a indiqué lors de la même interview que pour réduire de 55 % les émissions nettes de gaz à effet de serre par rapport à 1990 conformément au Pacte vert (ou Green Deal – lire notre dossier de fond), 110 milliards d’euros d’investissements supplémentaires par an seraient nécessaires en 2030. Autrement dit, 110 milliards d’euros d’investissements en plus dans le logement, les transports, l’industrie ou encore l’énergie.
En contrepartie, la France pourra réduire de moitié les investissements fossiles carbonés, avec par exemple plus de voitures électriques et moins de voitures thermiques. Autrement dit, « en net, on doit chercher 63 milliards d’euros d’après nos estimations, c’est-à-dire à peu près deux points de PIB d’investissement en plus, publics et privés ».
En ce qui concerne le budget 2025, elle indiqué que le niveau de dépenses vertes « devrait être maintenu à environ 40 milliards d’euros », à comparer à 34 milliards d’euros en 2023.
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Retrouvez l’interview de Dorothée Rouzet : Déficit et transition écologique : « Le coût de l’inaction, chiffré à 15% de PIB mondial, c’est beaucoup plus que le prix des efforts », rappelle la cheffe économiste au Trésor